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Franchimont

Des petits saumons lâchés dans la Chinelle

Les écoliers de Franchimont ont relâché 200 alevins de saumons dans la Chinelle. Reviendront-ils un jour ?

La devise de l’école communale, « Franchimont, l’école où il fait bon grandir », a pris cette année un sens tout particulier, s’appliquant autant aux enfants qu’aux œufs de saumons soigneusement élevés en classe. Dans le cadre des Journées wallonnes de l’eau, l’établissement a participé à un projet d’élevage en aquarium. « Chaque année, nous sensibilisons une ou deux écoles de notre territoire », explique Élise Degrange, du Contrat Rivière Haute Meuse, présente pour l’occasion aux côtés d’Ennio Cavalera, du Département de la Nature et des Forêts. Pour mener l’expérience à bien, les conditions ont été minutieusement reproduites : « Nous avons recréé des conditions naturelles afin d’arriver à de bons résultats. L’eau a constamment été maintenue à 8° environ. Une pompe a permis d’apporter de l’oxygène et des graviers ont servi de refuge, comme dans une rivière. »

Les élèves se sont pleinement investis dans le suivi quotidien. Coline, sept ans, raconte avec fierté : « Chaque matin, durant deux semaines et demie, nous avons pris la température de l’eau. Nous avons également mesuré son taux d’acidité et vérifié que tous les appareils fonctionnaient bien. Les œufs ont pu éclore et donner 200 alevins. Seulement quatre d’entre eux sont morts. »

Un long chemin à parcourir

La classe s’est ensuite dirigée vers la Chinelle, qui serpente en contrebas du village, pour procéder au lâcher. Baptiste, onze ans, s’est aussitôt interrogé : «L’eau est-elle ici suffisamment forte en oxygène ? » La leçon avait visiblement porté ses fruits. L’agent du DNF a salué le travail des enfants avant de leur exposer les nombreux périls qui attendent les alevins : « Les alevins vont suivre un long chemin les amenant dans l’Hermeton, puis la Meuse et la mer, avant de rejoindre les abords du Groenland. C’est là que des bancs de saumons vont se nourrir. Mais avant, il y a pas mal d’obstacles : des barrages ou des turbines hydroélectriques qui peuvent broyer les jeunes saumons. » De quoi provoquer la réaction spontanée de Line, sept ans : « On obtiendra alors des sushis ? » La pollution et la pêche intensive en mer s’ajoutent à ces dangers. Élise Degrange tempère les espoirs : « D’une manière générale, le taux de survie est faible. Peu ou pas de ces saumons reviendront chez nous pour se reproduire. »

Vint enfin le moment solennel du lâcher. « Au revoir les saumons ! », ont lancé les enfants, émus, tandis que les alevins prenaient instinctivement la couleur du fond de la rivière pour se camoufler des prédateurs. Pour terminer cette journée en beauté, les élèves ont utilisé des épuisettes pour explorer le lit de la Chinelle et identifier, à la loupe, de petits invertébrés comme des larves de perle ou des trichoptères. Une expérience inoubliable, dont Ennio Cavalera espère qu’elle laissera des traces durables : « Si 1 % de ces futurs adultes est sensibilisé grâce à cette action, c’est déjà un succès. »

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