Archives de catégorie : Dans nos villages

Franchimont : un nouveau poulailler en projet

Mardi soir, soir d’une réunion d’information, les exploitants agricole Luc et Pierre Sanders ont exposé la situation qui les contraint à se reconvertir : une infection bovine à l’IBR impose l’abattage de 90 % de leur troupeau d’ici fin 2028. L’interdiction d’acquérir de nouveaux bovins et la limitation des ventes à l’abattoir rendent la reconversion inévitable selon eux. Pierre Sanders, qui a récemment repris la moitié de l’exploitation, a présenté ce projet comme la condition de la transmission familiale de l’entreprise.
Le projet consiste en la construction d’un nouveau bâtiment destiné à l’engraissement de 44 000 poulets, en complément d’un poulailler existant, ce qui équivaut à un troupeau de 40 bovins en matière d’impact, selon les demandeurs. Un hangar de stockage céréalier est également prévu, les céréales étant destinées à la consommation des volailles, ce qui limiterait les flux de transport. Une bascule de pesée sera également installée sur site pour les camions.

Les garanties avancées par les demandeurs
Sur le plan environnemental, les Sanders ont indiqué que le hangar sera équipé de panneaux photovoltaïques en vue de l’autonomie énergétique du site, que les eaux pluviales et de nettoyage seront collectées et réutilisées, et que l’alimentation en eau des volailles sera assurée par un puits existant sans prélèvement supplémentaire. Concernant les déjections, ils ont précisé que les fumiers seront évacués directement après chaque vidange vers une filière de biométhanisation, sans stockage sur site ni épandage local. Ils ont également fait valoir que le projet est implanté à environ un kilomètre du village et que les vents dominants de secteur sud-ouest éloignent les odeurs potentielles des habitations. Le respect des normes de bien-être animal et des réglementations en vigueur a par ailleurs été affirmé.

Les préoccupations exprimées par les habitants
Des riverains ont fait part de leurs inquiétudes quant à le charroi, et la question d’itinéraires alternatifs a été envisagée, mais sans solution concrètement réalisable. Plusieurs participants de la commune de Couvin ont interrogé la multiplication des projets avicoles dans la région, craignant des effets cumulés sur l’environnement et la tranquillité locale. Le bourgmestre Jérémy De Martin a indiqué que la commune travaillait à l’élaboration d’un schéma de développement destiné à encadrer cette concentration.

Le cadre procédural
Rappelons que le projet est soumis à une étude d’incidence environnementale qui devra tenir compte des remarques et observations des habitants. Cette étude sera intégrée au dossier avant le dépôt de la demande de permis. Toute personne peut transmettre ses remarques par écrit au Collège communal de Philippeville, place d’Armes 12, jusqu’au 27 mai 2026 inclus, en indiquant son identité et adresse. Des informations complémentaires peuvent être obtenues auprès de M. Luc Sanders, joignable au 0497/40.63.56 ou à l’adresse sanders.borgniet (@) gmail.com.Une seconde enquête publique sera organisée à ce stade, offrant aux citoyens une nouvelle possibilité de s’exprimer.

À Philippeville, le pain artisanal reprend du terrain

Le 2 juin prochain, la boulangerie L’Atelier ouvrira un nouveau point de vente, avec salon de dégustation, à Philippeville, à deux pas de l’Intermarché. Une ouverture qui s’inscrit dans un paysage local du pain en pleine recomposition.

Une ville, une seule boulangerie, et bientôt deux

L’Atelier

Jusqu’ici, L’Amandine, installée Place d’Armes, était la seule boulangerie artisanale de la ville. L’établissement perpétue une activité boulangère présente en ces lieux depuis 1845, sous l’enseigne actuelle depuis 1994. Les époux Maravilha en ont repris les rênes en novembre 2021. Une longévité remarquable, et une situation de quasi-monopole.
Philippeville a pourtant connu d’autres boulangeries par le passé, notamment rue des Religieuses. Comme dans beaucoup de petites villes wallonnes, ces commerces ont progressivement disparu, laissant le champ libre aux supermarchés et épiceries de village qui proposent souvent du pain en terminal de cuisson, une solution toutefois pratique pour les habitants.

Dans l’entité, un tissu fragilisé

L’Atelier

La situation n’est pas propre au centreville. A Surice, sur le  Parvis de l’église, la boulangerie Soumoy a fermé ses portes voici plusieurs années, tout comme les boulangers Marotte-Desclef de Romedenne.  À Villers-le-Gambon, la boulangerie « Arti’Délices« , fondée en 2020 par deux professionnelles fortes de plus de quinze ans d’expérience, a fermé ses portes il y a plusieurs mois sans repreneur à l’horizon, laissant les habitants du village sans pain cuit dans leur village.   Elle remplaçait la boulangerie « Aux délices villersois« , de Frédéric Godfriaux, qui lui avait repris l’atelier de la  famille Delfosse.

L’Atelier s’installe, avec une spécialité dans les bagages

L’Atelier

C’est dans ce contexte que l’arrivée de L’Atelier prend tout son sens. Porté par des sollicitations répétées d’habitants de la région, le gérant Nicolas Carlier ouvrira son nouveau point de vente le 2 juin. La maison est notamment connue pour sa tarte au riz au lait cru, préparée à la verviétoise, « un peu plus consistante », avec un lait sourcé directement dans une ferme des environs. « Les clients nous attendent depuis pas mal de semaines. Nous sommes impatients », confie le gérant de 37 ans qui a repris les rennes de la boulangerie couvinois en 2020.
Pour les amateurs de pain artisanal à Philippeville, l’ouverture fait figure de bonne nouvelle. Toutes les informations sont disponibles sur la page de la Boulangerie L’Atelier.

De chouettes gardiennes du livre s’installent

La bibliothèque communale de Philippeville franchit une nouvelle étape dans son développement avec l’inauguration de quatre « boîtes à livres ».

Installée depuis juin 2022 dans l’ancien bâtiment de la Justice de Paix, place d’Armes, la bibliothèque, qui compte aujourd’hui quelque 850 lecteurs actifs et près de 17 500 ouvrages, avait décroché en janvier 2024 sa reconnaissance officielle auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en qualité d’opérateur direct de catégorie 1. C’est précisément cette reconnaissance, fruit de plus de deux ans de démarches, qui a rendu possible le projet, inscrit au plan quinquennal de développement de la lecture 2024-2028.

Des chouettes pour symbole
Après de riches débats internes, notamment sur le choix des matériaux, entre récupération et neuf, c’est finalement le concept de mettre à l’honneur un artiste de l’entité qui été retenu . Steve Verheyen est un artiste soudeur de Jamagne. Connu sous l’appellation « Iron Art’s Steve« , il propose ses œuvres créées sur base de matériaux de récupération. Ainsi, une bonbonne de gaz peut devenir un superbe brasero, des couverts se transforment en sculpture et des rondelles métalliques se muent un buste féminin. Pour les boites à livres, le choix s’est porté sur une représentation de la chouette, symbolisant la sagesse, la curiosité et le savoir.
Ce ne sont pas moins de quatre sculptures, formant une famille qui seront installées dans quatre villages de l’entité : le papa chouette représantant le lecteur sage; la maman chouette de le rôle de conteuse, le petit enfant, curieux explorateur, et enfin la mamie chouette, gardienne du temps et de la mémoire. Les quatre villages ayant répondu à l’appel de la bibliothèque sont, Vodecée, Villers-en-Fagne, Franchimont et Jamiolle.
Un travail salué
La qualité de réalisation des 4 boites à livres a ravi le public présent à la présentation officielle. Pour preuve, alors qu’on était occupé au déchargement, quelques passants se sont présenté pour tenter d’acquérir l’une de ces œuvres. « Il y aura intérêt à bien les fixer au sol« , entend-t-on dans l’assemblée lors de l’évocation de cette anecdote. « Aujourd’hui, elles vont enfin s’envoler vers leur domicile définitif et on espère qu’elles y trouveront de la lecture évidemment, mais aussi du partage, de la curiosité et surtout beaucoup de plaisir pour tout le monde« , conclu Hélène Bonniver, échevine de la culture.

Page facebook de l’artiste : Iron Art’s Steve

Franchimont : un poulailler en projet, une réunion publique pour en débattre

À Franchimont, Luc et Pierre Sanders s’apprêtent à franchir une étape importante dans le développement de leur exploitation agricole. Père et fils, qui exploitent la ferme du Gibet, ont introduit une demande de permis unique pour la construction et l’exploitation d’un poulailler, en extension de leur activité existante. Le dossier, encore au stade préparatoire, est soumis à une étude d’incidences sur l’environnement, conformément à la réglementation applicable aux projets de catégorie B.

Dans ce cadre légal, une réunion d’information préalable du public est organisée le mardi 12 mai, à 18h00, à la salle Jean Ponsart, rue des Tanneurs 69b, à Franchimont. Les porteurs du projet entendent profiter de cette rencontre pour présenter leur démarche et, surtout, pour recueillir les observations et suggestions de la population avant que le dossier ne soit formellement déposé.

Une ferme isolée, un dialogue voulu

La ferme du Gibet est implantée à plus d’un kilomètre des deux villages voisins, un éloignement que les Sanders considèrent comme un élément favorable au regard des nuisances potentielles. Ils souhaitent que la réunion du 12 mai serve précisément à lever les interrogations et à identifier, en concertation avec les habitants, les points d’attention à intégrer dans l’étude d’incidences.

Cette posture d’ouverture est inscrite dans la procédure elle-même : conformément aux articles D29-5 et R41-3 du Code de l’Environnement, la réunion a notamment pour objet de permettre au public de s’informer et d’émettre ses observations, de mettre en évidence les points particuliers à examiner dans l’étude, et de présenter les alternatives techniques que le demandeur pourrait raisonnablement envisager.

Comment participer ?

Les habitants qui ne pourraient assister à la réunion du mardi 12 mai 18h00, à la salle Jean Ponsart, disposent d’une autre voie de participation : toute personne peut transmettre ses remarques par écrit au Collège communal de Philippeville, place d’Armes 12, jusqu’au 27 mai 2026 inclus, en indiquant son identité et adresse. Des informations complémentaires peuvent être obtenues auprès de M. Luc Sanders, joignable au 0497/40.63.56 ou à l’adresse sanders.borgniet (@) gmail.com.

100 ans pour les Amis de la Gaité

L’histoire de la salle débute en 1926, née de la volonté d’une troupe de théâtre de « redonner le sourire » aux habitants après la Première Guerre mondiale . Cette mission originelle d’amuser et de rassembler a posé les fondations d’un espace dédié à la convivialité. Même durant la seconde guerre mondiale, la salle a incarné la solidarité en organisant des spectacles pour soutenir les prisonniers. Depuis l’origine, la présence continue de la troupe de théâtre et la tradition des pièces en wallon témoignent de cette volonté de préserver un patrimoine culturel et social précieux, garantissant que la salle des Amis de la Gaîté reste, pour les cent prochaines années, un incontournable de la vie neuvilloise.

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Comme l’a souligné Jérémy De Martin, enfant du village et bourgmestre, la salle de village est « un peu comme une église » , un point de convergence pour tous les moments marquants de l’existence. Des joies des mariages, communions et baptêmes aux rassemblements plus solennels après les enterrements, elle a été le témoin privilégié de la vie des Neuvillois . C’est entre ses murs que se sont noués les « premiers slows, les premières rencontres, les premiers flirts« , parfois à l’origine de couples puis de familles qui fournissent à leur tour des jeunes .
Hélène, petite-fille de Vital Bonniver, a rendu un hommage poignant à son grand-père, qui « avait presque élu domicile en ses murs » . Pour lui, prendre soin de ce bâtiment était une évidence, le considérant comme une « résidence secondaire » . Ces anecdotes illustrent à quel point la salle est imbriquée dans l’histoire individuelle et collective.
Prenant à son tour la parole, l’échevine Hélène Bonniver a tout d’abord enlevé son écharpe scabinale. « C’est en mon nom personnel que je m’exprime« . Elle a tout d’abord salué la mémoire de Lucien Blinguet, « acolyte » de son grand-père Vital Bonniver. Elle a évoqué avec émotion le nombre d’heures incaluclables passées à s’occuper de la salle, tout comme l’énergie déployée par le comité actuel; c’est là le moteur de cette dynamique communautaire. Avec émotion, elle a relaté la place que prenait la gestion de cette salle dans l’emploi du temps de son grand-père.
Ce centenaire n’est pas seulement un regard en arrière, mais aussi une projection confiante vers l’avenir. Il s’agit de poursuivre la mission de rassembler les générations pour faire perdurer cet esprit de village. .

Une habitation détruite par un incendie

L’incendie a ravagé l’annexe de l’habitation et rendu les lieux inhabitables pour l’occupant. Par chance, personne n’a été blessé.

C’est peu après une heure du matin que les pompiers ont été appelés d’urgence rue Terne de Coris, à Franchimont. L’habitant d’une maison située au bout de cette voirie venait de donner l’alerte : son carport qui lui servait d’atelier-garage, accolé à l’habitation, était la proie des flammes.
À leur arrivée, les secours ont découvert une annexe entièrement embrasée. Le feu avait déjà gagné la toiture de la maison principale, menaçant de compromettre l’ensemble de la structure. La violence de l’incendie se lisait également sur la parcelle voisine : l’abri de jardin attenant avait été noirci par la chaleur intense dégagée par le sinistre.
L’occupant, présent au moment des faits, évoque une éventuelle défaillance de son poêle à pellets comme origine probable du départ de feu. Une piste que les enquêteurs devront confirmer.
Les moyens déployés ont été considérables. Outre une ambulance de Florennes positionnée en prévention, les casernes de Couvin, Philippeville, Dinant et Beauraing ont engagé plusieurs pompes à moteur fixe, citernes, ainsi qu’une auto-échelle venue de Philippeville. Le véhicule de réhabilitation de la zone de secours de Dinant , basé à Yvoir, complétait le dispositif, permettant la prise en charge des intervenants après l’effort. Un officier de Beauraing assurait le commandement des opérations. La police locale était également présente sur les lieux, tout comme les techniciens d’Ores, appelés pour sécuriser le réseau électrique.
Heureusement, aucune victime n’est à déplorer. L’occupant est sorti indemne de cette nuit éprouvante.
Les riverains, eux, ont dû faire preuve de patience : à 8h30 ce matin, la rue Terne de Coris était toujours privée de courant.

Philippeville: Orlane Willems revient par la grande porte pour la Fête de la musique

Le 27 juin, la Fête de la musique constituera un retour aux sources pour Orlane Willems, originaire de Philippeville. En 2024, elle y avait été présentée comme artiste locale

Avec l’organisation de la Fête de la musique, le 27 juin, par le centre culturel, la place d’Armes vibrera une nouvelle fois au rythme d’un podium aussi éclectique qu’ambitieux. Au fil des années, l’événement a vu défiler de grands noms comme Cali, Typh Barrow, Eiffel, Kid Noize, Talisco, Rori, Montevideo, Doria D, Piano Club, Sonnfjord, Laura Crowe, Tanaë, Neolys, Arty Leiso ou encore Melfiano. Une tradition de qualité que le cru 2026 entend bien prolonger.

Cette année, la scène philippevillaine accueillera d’abord Mado, jeune artiste parisienne à l’univers poétique et moderne. Sa pop sensible, portée par le single « J’essaye », lui a déjà permis d’assurer des premières parties prestigieuses, notamment pour Michel Polnareff et bientôt Kendji Girac lors de sa tournée des Zéniths. À ses côtés, Orlane Willems, sacrée Révélation belge aux NRJ Music Awards, viendra confirmer son statut d’étoile montante de la pop francophone. Souvenez-vous, Orlane Willems était finaliste de la 9e édition de The Voice, en 2021. En 2024, elle ouvrait les festivités à Philippeville. La chanteuse, originaire de la cité Vauban, retrouvera un public qui l’avait chaleureusement accueillie.

Valeur sûre du podium, Suarez apportera sa pop-rock chaleureuse aux accents métissés, devenue incontournable sur la scène belge. Enfin, le groupe Dyna, Lewis & the Soul Caravan insufflera une énergie soul intense et festive, forte de passages remarqués, notamment à Esperanzah.

Cette programmation confirme que la Fête de la musique à Philippeville reste un rendez-vous majeur.

Enfin un sentier balisé de manière permanente

Pendant des années, le projet a traîné. Pas faute d’envie, pas faute de besoin, mais faute de décision. Comme souvent, on attendait que ça vienne d’en haut. D’une commune, d’un organisme, d’une instance officielle quelconque.

Des bancs aménagés

Ça n’est pas venu.

Alors des citoyens ont retroussé leurs manches. Le Collectif de Défense des Sentiers et Chemins de Philippeville a pris les choses en main, et ce dimanche 12 avril, à Villers-le-Gambon, ils inauguraient leur première réalisation : un circuit permanent de 5,5 km, balisé de leurs mains, agrémenté de bancs et d’une table de pique-nique installés par leurs soins, avec cartes et tracés disponibles pour tous.

Près d’une centaine de promeneurs l’ont emprunté dès le premier jour.

Ce n’est pas un projet pilote, ce n’est pas juste une expérimentation réussie, c’est le début d’une ambition claire : un circuit balisé dans chaque village de l’entité. L’essentiel sera ensuite de maintenir ces sentiers entretenus et de garder le balisage en état.

Notons toutefois que ces initiatives récoltent les encouragements et le soutien des autorités communales et de lOffice du Tourisme.

« Parfois, les meilleures choses arrivent quand on arrête d’attendre« .

https://www.facebook.com/lagazettedusentier5600

et pour les divers tracés de balades, non encore balisés : https://collectifdescheminsphilippeville.blogspot.com/p/marches-anterieur.html

L’eau : un élément indispensable pour le vivant et la bière

Carrière inondée et cuves de brassage : à Franchimont, les Journées wallonnes de l’eau ont offert un double regard sur l’omniprésence de l’eau, entre biodiversité surprenante et chimie du brassage.

Ph : E.B.

Les Journées wallonnes de l’eau se sont clôturées à Franchimont par deux événements originaux. « Au Tienne d’el Beumont », ancienne exploitation de dolomie de la société Lhoist, mise sous eau il y a une dizaine d’années, le Groupe belge de recherche scientifique sous-marine (GBRS) a mené des plongées scientifiques. L’objectif : recenser les espèces animales et végétales qui s’y sont installées, et suivre leur évolution d’année en année. Des plongeurs récoltent des échantillons analysés en surface à la loupe et au microscope, permettant d’évaluer la qualité biologique de l’eau.

La faune découverte est variée : invertébrés, gastéropodes, poissons — dont ce qui ressemble à une grosse carpe, prise d’abord pour un brochet. Ces espèces ont colonisé ce milieu fermé grâce aux oiseaux aquatiques, qui transportent involontairement œufs et organismes sous leurs pattes. On y retrouve aussi des espèces invasives comme le gobie ou l’écrevisse américaine. L’absence d’arbres autour de la carrière explique cependant le manque de nourriture et donc l’absence d’écrevisses sur ce site précis.

À quelques centaines de mètres de là, la Brasserie Willow’s illustrait, elle, l’importance de la composition chimique de l’eau dans la fabrication de la bière. Le brasseur Laurent Woine a expliqué comment chaque ion — calcium, magnésium, sulfates, sodium — influence le goût, l’amertume et la qualité du brassage. L’eau locale, issue du Ry de Rome, est particulièrement stable et bien adaptée à la production de bières brunes comme blondes.
La microbrasserie Willow’s veille à réduire
au mieux sa consommation en eau. « Dans
l’industrie, sept litres d’eau sont nécessaires
pour fabriquer un litre de bière, précise le bras-
seur Laurent Woine. Chez nous, nous utili-
sons entre quatre et cinq litres. Par ailleurs,
l’eau chaude utilisée pour chauffer les cuves est
récupérée pour le nettoyage, une sorte d’écono-
mie circulaire respectueuse de l’environne-
ment. Il est essentiel de faire passer ce message
auprès des visiteurs, car l’eau est une denrée
particulièrement précieuse, qu’elle soit utilisée
à un niveau professionnel ou domestique. »

Lire aussi : https://philinfo.be/des-petits-saumo…dans-la-chinelle/

Des petits saumons lâchés dans la Chinelle

Les écoliers de Franchimont ont relâché 200 alevins de saumons dans la Chinelle. Reviendront-ils un jour ?

La devise de l’école communale, « Franchimont, l’école où il fait bon grandir », a pris cette année un sens tout particulier, s’appliquant autant aux enfants qu’aux œufs de saumons soigneusement élevés en classe. Dans le cadre des Journées wallonnes de l’eau, l’établissement a participé à un projet d’élevage en aquarium. « Chaque année, nous sensibilisons une ou deux écoles de notre territoire », explique Élise Degrange, du Contrat Rivière Haute Meuse, présente pour l’occasion aux côtés d’Ennio Cavalera, du Département de la Nature et des Forêts. Pour mener l’expérience à bien, les conditions ont été minutieusement reproduites : « Nous avons recréé des conditions naturelles afin d’arriver à de bons résultats. L’eau a constamment été maintenue à 8° environ. Une pompe a permis d’apporter de l’oxygène et des graviers ont servi de refuge, comme dans une rivière. »

Les élèves se sont pleinement investis dans le suivi quotidien. Coline, sept ans, raconte avec fierté : « Chaque matin, durant deux semaines et demie, nous avons pris la température de l’eau. Nous avons également mesuré son taux d’acidité et vérifié que tous les appareils fonctionnaient bien. Les œufs ont pu éclore et donner 200 alevins. Seulement quatre d’entre eux sont morts. »

Un long chemin à parcourir

La classe s’est ensuite dirigée vers la Chinelle, qui serpente en contrebas du village, pour procéder au lâcher. Baptiste, onze ans, s’est aussitôt interrogé : «L’eau est-elle ici suffisamment forte en oxygène ? » La leçon avait visiblement porté ses fruits. L’agent du DNF a salué le travail des enfants avant de leur exposer les nombreux périls qui attendent les alevins : « Les alevins vont suivre un long chemin les amenant dans l’Hermeton, puis la Meuse et la mer, avant de rejoindre les abords du Groenland. C’est là que des bancs de saumons vont se nourrir. Mais avant, il y a pas mal d’obstacles : des barrages ou des turbines hydroélectriques qui peuvent broyer les jeunes saumons. » De quoi provoquer la réaction spontanée de Line, sept ans : « On obtiendra alors des sushis ? » La pollution et la pêche intensive en mer s’ajoutent à ces dangers. Élise Degrange tempère les espoirs : « D’une manière générale, le taux de survie est faible. Peu ou pas de ces saumons reviendront chez nous pour se reproduire. »

Vint enfin le moment solennel du lâcher. « Au revoir les saumons ! », ont lancé les enfants, émus, tandis que les alevins prenaient instinctivement la couleur du fond de la rivière pour se camoufler des prédateurs. Pour terminer cette journée en beauté, les élèves ont utilisé des épuisettes pour explorer le lit de la Chinelle et identifier, à la loupe, de petits invertébrés comme des larves de perle ou des trichoptères. Une expérience inoubliable, dont Ennio Cavalera espère qu’elle laissera des traces durables : « Si 1 % de ces futurs adultes est sensibilisé grâce à cette action, c’est déjà un succès. »

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