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À Philippeville, le pain artisanal reprend du terrain

Le 2 juin prochain, la boulangerie L’Atelier ouvrira un nouveau point de vente, avec salon de dégustation, à Philippeville, à deux pas de l’Intermarché. Une ouverture qui s’inscrit dans un paysage local du pain en pleine recomposition.

Une ville, une seule boulangerie, et bientôt deux

L’Atelier

Jusqu’ici, L’Amandine, installée Place d’Armes, était la seule boulangerie artisanale de la ville. L’établissement perpétue une activité boulangère présente en ces lieux depuis 1845, sous l’enseigne actuelle depuis 1994. Les époux Maravilha en ont repris les rênes en novembre 2021. Une longévité remarquable, et une situation de quasi-monopole.
Philippeville a pourtant connu d’autres boulangeries par le passé, notamment rue des Religieuses. Comme dans beaucoup de petites villes wallonnes, ces commerces ont progressivement disparu, laissant le champ libre aux supermarchés et épiceries de village qui proposent souvent du pain en terminal de cuisson, une solution toutefois pratique pour les habitants.

Dans l’entité, un tissu fragilisé

L’Atelier

La situation n’est pas propre au centreville. A Surice, sur le  Parvis de l’église, la boulangerie Soumoy a fermé ses portes voici plusieurs années, tout comme les boulangers Marotte-Desclef de Romedenne.  À Villers-le-Gambon, la boulangerie « Arti’Délices« , fondée en 2020 par deux professionnelles fortes de plus de quinze ans d’expérience, a fermé ses portes il y a plusieurs mois sans repreneur à l’horizon, laissant les habitants du village sans pain cuit dans leur village.   Elle remplaçait la boulangerie « Aux délices villersois« , de Frédéric Godfriaux, qui lui avait repris l’atelier de la  famille Delfosse.

L’Atelier s’installe, avec une spécialité dans les bagages

L’Atelier

C’est dans ce contexte que l’arrivée de L’Atelier prend tout son sens. Porté par des sollicitations répétées d’habitants de la région, le gérant Nicolas Carlier ouvrira son nouveau point de vente le 2 juin. La maison est notamment connue pour sa tarte au riz au lait cru, préparée à la verviétoise, « un peu plus consistante », avec un lait sourcé directement dans une ferme des environs. « Les clients nous attendent depuis pas mal de semaines. Nous sommes impatients », confie le gérant de 37 ans qui a repris les rennes de la boulangerie couvinois en 2020.
Pour les amateurs de pain artisanal à Philippeville, l’ouverture fait figure de bonne nouvelle. Toutes les informations sont disponibles sur la page de la Boulangerie L’Atelier.

Un burger King à Philippeville d’ici 1 an

Alors que la réunion d’information relative à l’implantation du futur zoning des 4 vents ne s’est pas encore tenue (prévue le lundi 28 mars) , Burger king a pris les devants en achetant une maison existante. Il s’agit de la dernière restante encore sur le zoning actuelle, à proximité du Hubo.

L’information est à lire dans Sud presse. La maison doit être libre fin de cette année pour ensuite être rasée.

https://www.sudinfo.be/id450907/article/2022-03-18/une-nouvelle-enseigne-debarque-pres-du-zoning-de-philippeville

Toujours à la tête de son commerce, à 87 ans : «Et je continuerai jusqu’à la fin»

Hector Gigot, 87 ans, travaille toujours dans sa droguerie située, depuis trois générations, rue de Namur,à Philippeville .

Lorsque l’on pénètre dans la droguerie d’Hector, le tintement de la vieille sonnerie annonce notre arrivée. Il n’y a personne. Hector est dans sa salle à manger.
Il lève le nez de sa comptabilité qu’il effectue toujours lui-même, à la main, et nous rejoint dans le magasin. L’homme de 87 ans est la troisième génération de la famille Gigot à la tête de la petite boutique située rue de Namur, à Philippeville. Lancée par son grand-père, lui aussi prénommé Hector, puis reprise en 1928 par son père, Raoul Gigot, et enfin par Hector en 1950, la petite droguerie n’a pas tellement changé.
   « Ce comptoir en bois et cette balance étaient déjà présents dans le magasin de mon grand-père », raconte Hector. S’il continue l’exploitation de son commerce, c’est pour percevoir un petit complément à sa pension d’indépendant et pour passer le temps. Célibataire et sans enfants, Hector Gigot occupe ses journées entre les quelques clients de son magasin et son potager.
   «Ça dépend des jours, parfois j’ai cinq clients, d’autres fois vingt. Hier, je n’ai eu personne par exemple.»

Ses clients viennent depuis des années

Face à la concurrence indéniable des grands magasins de bricolage, ce qui permet à Hector de continuer, ce sont ses conseils mais aussi l’intérêt de certains clients pour les petits commerces comme le sien, à l’ancienne. « Certaines personnes viennent même chez moi sans rien acheter, s’amuse-t-il. Ils me demandent seulement des conseils pour bricoler à la maison.»
   La boutique des Gigot a été détruite durant la Seconde Guerre mondiale. Ils l’ont reconstruite au même endroit et y ont réinstallé le seul comptoir qu’elle ait jamais connu. Jusqu’en 1976, l’enseigne familiale annonçait un service de peinture, décoration et de garniture de chambres mortuaires.
   « En 1976, c’est Jean-Marie Latour qui a repris la partie garniture de chambres mortuaires. J’étais tout seul, sans enfant. Si j’avais eu un frère, peut-être qu’on se serait partagé le travail.»
   Aujourd’hui, la petite plaque de 40 cm est posée à l’intérieur du magasin. Aucune enseigne ne trône sur la devanture. «Je n’ai pas besoin d’une enseigne, précise Hector. Cela coûte bien trop cher en taxes. Je n’en ai jamais vraiment eu la nécessité. Nous sommes ici depuis tellement longtemps. Quand les gens viennent chez moi, ils disent: «On va chez Gigot».

Il ne compte pas s’arrêter
   Hector approche les nonante ans, mais il a toujours la forme et est en bonne santé. Lorsqu’on lui parle de prendre définitivement sa retraite, sa réponse ne se fait pas attendre.
   «Je n’ai pas du tout encore pensé à arrêter de travailler dans mon magasin, insiste-t-il. C’est une affaire de père en fils. Il n’y a personne pour la reprendre, alors je vais continuer jusqu’à la fin.»

Wendy AUTERI – L’Avenir