Du jamais vu : un conseillère exclue du conseil du CPAS

L’éviction d’une conseillère au CPAS a suscité des échanges particulièrement tendus entre majorité et opposition lors de la dernière séance communale.

Lors de la dernière séance du conseil communal, l’exclusion de Kelly Pector de son mandat de conseillère au CPAS a été officiellement actée. La décision a immédiatement suscité des échanges particulièrement vifs et révélé des visions très contrastées au sein de l’assemblée. Cette décision, notifiée par le groupe MR, a mis en lumière des divergences profondes sur la pratique et les exigences de l’engagement politique local.
Laetitia Brogniez, cheffe de file du groupe MR, a pris la parole afin d’expliquer les raisons qui ont motivé cette éviction, invoquant un manque d’assiduité dans l’exercice du mandat. La porte-parole a tenu à préciser que cette démarche n’était pas dirigée contre la personne. « Derrière cet acte officiel, nécessairement froid et administratif, il y a avant tout une personne« , a-t-elle souligné, tout en insistant sur la responsabilité du groupe politique envers les citoyens. Pour le MR, l’exercice d’un mandat exige une disponibilité et un suivi rigoureux des dossiers. « L’engagement politique ne peut être à géométrie variable« , a-t-elle conclu, affirmant que chaque élu doit pouvoir compter sur ses collègues.

Une position unanime dans la critique
Prenant la parole pour le groupe Agir Ensemble, Gilles Fiasse a vivement réagi à cette annonce. Il a qualifié la décision d’ « inédite » et de « particulièrement violente », apportant son soutien à la conseillère évincée : »Pour notre part, nous estimons encore et toujours qu’une politique basée sur l’exclusion n’a aucun avenir. Et que c’est ensemble qu’il faut agir.« 
Le débat a ensuite pris une tournure plus large avec l’intervention de Paul Pirson pour le groupe Phil Citoyen. Ce dernier a déploré une logique de parti qui transforme la politique en un « spectacle » où l’on pratique des « purges« . Non sans amertume, il a conclu en rappelant que la politique demeure « le meilleur sport qui permet de perdre des amis« .

L’analyse cinglante du bourgmestre
S’exprimant en son nom propre, le bourgmestre Jérémy De Martin a qualifié lui aussi la décision de « brutale« . Il a profité de l’occasion pour pointer du doigt l’instabilité croissante au sein du groupe MR, évoquant une série de départs et de désistements depuis le début de la législature. Reprenant des propos que la tête de file aurait tenus en comparant la situation d’un autre groupe politique à un « panier de crabes » où « dès que l’un tente de sortir la tête, il y a toujours un autre pour le tirer vers le fond « , il a conclu avec fermeté : « Jamais je ne mettrai à mort mes propres élus, les membres de mon groupe politique comme vous l’avez fait.« 

Des réactions vives en marge du conseil
En apparté de la séance, le démissionnaire Marcel Gérard a tenu à donner son éclairage sur les coulisses de la décision : « Je tiens à préciser que la décision d’exclure Kelly n’a pas été prise par les membres du MR, mais par les 5 conseillers siégeant au conseil communal. » Et d’ajouter : « Si faire de la politique, c’est diviser le groupe pour régner et traîner publiquement une personne dans la boue, vous comprendrez le motif de ma démission. » On est ici bien loin de l’arrangement planifié évoqué le mois dernier.
Présente dans l’assemblée, Kelly Pector est elle aussi revenue sur les faits pour contester fermement la version donnée par son groupe politique. Elle déplore un manque de franchise dès le départ sur la question de sa disponibilité : « Il faut préciser lors des élections que je ne voulais pas me représenter pour ma disponibilité. À ce moment-là, Laetitia m’a répondu « t’inquiète, on comprend ». Elle voulait juste les voix. »
S’agissant de son travail sur le terrain, l’élue réfute l’argument de l’absentéisme : « Il faut dire également que j’étais présente aux réunions CPAS. Je voulais continuer mon mandat car c’est là que je me sentais à ma place pour défendre le côté humain. » Elle dénonce également la méthode employée au sein du groupe : « J’ai été convoquée à une réunion du groupe MR et elles avaient déjà prévu mon document de démission. » Kelly conclut en se tournant vers l’avenir : « Je veux remercier mes électeurs et bien réfléchir pour les prochaines élections communales.« 

By JLouis Jacquemyn

Collaborateur de presse depuis 1992.

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